dimanche 9 septembre 2007

Hurleurs

Les bals musette de Pigalle
Crasse fumée des guinguettes
le vin de guingois, mes mains dans tes cheveux
Autour les hommes flous qui râlent
Au-dessus les pavés luisent d'eau sale
sous ma tête renversée les pierres de taille

Les mauvais garçons se terrent
Avec leurs femmes à la peau livide
il fait humide dans vos caveaux
et vos verres d’or liquide
il fait obscur sous les ponts
où vous surprennent les bateaux
les chauve-souris des balcons
les gargouilles des absides

la ville veut danser avec vous enfants de jeunesse
elle rassemble dans ses mains ses jupons de pavés
se fait lascive pour mieux vous enserrer
vous susurre d’incohérentes promesses
elle vous consacre ses nuits confuses
vous enlace, dévorante muse

Ravalée avec mépris
des brillants masquent ses replis
la pénombre mystérieuse ses pieds
et moi
Qu’importe, c’est la fille de joie
votre mère unique
elle vous offre son ventre
autel de vos ivresses mystiques

beauté férale
teint vitreux
vous êtes une race nouvelle
de tous bords vous êtes teintés de vert
le lichen urbain
au cœur du noir hésitant
gracieux osseux de vos corps drapés
sybarites délicats
Par touches lucioles de vin
le sombre velours carmin
intoxicants
auquels vous accordez vos plus beaux baisers
et vos noces les plus blanches


la pierre vibrante de la chaleur
qui vous fuit
touche, touche, soleil de nuit
pose ta main sens la force qui irradie
des pauvres mendiants de l’amour

les galoches claquent sur les murs
ils crient ils s’en vont
ils emportent l’accordéon
courir vers le ciel du matin pur
qui vous nimbe de rose et d’or
malgré la fatigue de vos corps
malgré vos émanations de sulfure

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